mercredi 31 octobre 2007

Psychose

Pour le premier film que je découvre de M. Hitchcock, je dois avouer avoir été séduite par le grandiose de la réalisation !

Nullement déçue donc, j’ai pu mettre de côté ces vilains a priori sur les films en noir et blanc, sur les faibles moyens de l’époque mis à la disposition du réalisateur, sur le grotesque actuel des scènes dites "effrayantes"…

Premièrement, séduite par le registre linguistique (un défi pour utiliser un tel registre à l’heure actuelle) : on sait que Hitchcock ne laissait aucune place à l’improvisation (présumée créative) des acteurs; ils suivent ainsi scrupuleusement leurs scripts, on en ressent par moments une certaine rigueur, renforcée sans doute par le registre linguistique de l'époque. Mais c'est un rigorisme qui se veut élégant, maniéré sans doute également, aboutissant sur un autre plan à l'impression d'une apparente délicatesse des personnages.

Deuxièmement, le visuel joue évidemment une importance capitale (notamment via la récurrence des gros plans), d'autant plus qu'il laisse au spectateur le soin d'interpréter ce qui lui est suggéré.

En ce qui concerne l'intrigue en soi, Hitchcock joue habilement à la fois sur l'intériorité de ses personnages et sur leur environnement extérieur (ils se font quand même poignardés par un énergumène en robe de chambre :D). Bravo en passant à Anthony Perkins pour son interprétation, Janet Leight de son côté étant tout aussi charismatique...



Bien que le dénouement ne soit pas difficile à découvrir en cours de film (étant habitués à cas semblables depuis), l'interprétation explicative que l'on donne en fin de film éclaire intelligemment toute la trame de Psychose. (évitons le spoiler déjà entamé :D)

Autre point fort: Hitchcock a l’audace d’éliminer le protagoniste principal! (le spoiler continue son avancée malgré tout (mais tout le monde le savait de toute manière)), le spectateur devant dès lors s'identifier successivement à divers personnages. Cela nous amène à nous distancier un court instant (le temps de s'identifier au personnage-relais) et d'avoir un regard "d'analyste" sur les événements (ceci en parallèle avec les théories freudiennes où Hitchcock puise volontiers son inspiration).

Tous ces atouts cinématographiques contribuent à qualifier ce film de révolutionnaire pour son époque, lui assurant en outre sa postérité: Psychose continue à trouver écho dans le cinéma contemporain par l'engouement qu'il suscite encore aujourd'hui...


NB: sans surprises, c'est une adaptation littéraire (Robert Bloch, de la nouvelle éponyme) :-)
Le film connaîtra également de nombreux remake par la suite.

3 commentaires:

Alu a dit…

Bien que le dénouement ne soit pas difficile à découvrir en cours de film (étant habitués à cas semblables depuis), l'interprétation explicative que l'on donne en fin de film éclaire intelligemment toute la trame de Psychose.

>> Aussi parce que le dédoublement de personnalité est un fait d'actualité particulièrement prisé. Pour citer les quelques films qui traitent du sujet et jouent sur un final des plus "surprenants" par cet effet de style.

La liste est longue : Fenêtre secrète, Mr Brooks, Identity, Peur primale, Haute tension, Trouble jeu etc ... (la liste est bien trop longue), tous élaborant leurs films sur un concept peu novateur avec un final censer surprendre les masses. Peut-être que ce surplus de schizophrénie rend banal le chef d'oeuvre d'Hitchoock, j'ai eu aussi ce sentiment en voyant 1984. A qui la faute, le génie qui découvre un genre ou celui qui le réexploite le filon constatant l'effet positif sur le public?

Enfin là est probablement l'une des grandes problématiques du cinéma moderne. Comme l'a dit Tarantino : "Le public est devenu tellement intelligent qu'il faut désormais utiliser ce qu'il croit comme acquis pour le surprendre !" A méditer ...

Audrey a dit…

Ahh bien ce commentaire de Tarantino...

Difficile aujourd’hui de trouver constamment de "l'innovant" pour se démarquer de tout ce qui existe déjà;

la plupart des films constituent un mixte, pcq ils sont issus de toutes sortes d’inspirations antérieures, et ce qui varie principalement, ce sont les intrigues et la manière dont elles peuvent être racontées.

Certains se risquent à innover via la forme, mais ils ne reçoivent pas très souvent l'approbation des masses, qui ne voient principalement le cinéma que comme un simple divertissement...!

Mais le cinéma n’en est peut-être toujours qu’à ses débuts ;-)

Anonyme a dit…

Je l'ai bien apprécié également,

je te conseille de regarder "Vertigo" à l'occasion...