mercredi 25 juin 2008

Zabriskie Point, by Antonioni

"J’accepte de mourir, mais pas d’ennui."

Datant de 1970, ce film dramatique nous offre tout d’abord un reflet des troubles estudiantins se déroulant en Amérique, mouvements révolutionnaires qui seront réprimés sévèrement par les autorités de l’époque.

Le film débute par ce contexte réaliste, en suivant Marc, jeune étudiant qui se distingue de la masse tout en y étant pourtant mêlé, il déclare d’entrée de jeu : J’accepte de mourir, mais pas d’ennui.

Un meurtre est commis, Antonioni joue subtilement sur les scènes elliptiques pour rendre le spectateur dubitatif : on ne peut savoir si c’est réellement Marc qui a tiré (même s’il semble le démentir assez faiblement par la suite).
Quoiqu’il en soit, celui-ci prend la fuite, s’écartant d’une société que l’on suggère aliénée, via l’abondance des marques américaines, parsemées tout au long du film. De son côté, Daria, jeune secrétaire, dénigre la société pour laquelle elle travaille et semble piteusement s’ennuyer : elle prend alors distance de ses contraintes par la voie de l’exil temporaire.

Le film se transforme alors en une sorte de road-movie (voire en "plane-movie", pour autant que cette appellation puisse exister, supposons que oui), leur évasion semble se laisser guider par le jeu et le hasard.

Leur fuite, désormais commune, aboutit au Zabriskie Point ou la vallée de la mort, vallée désertique au sud-est de la Californie, qui incarne une sorte de climax. C’est en cet endroit le plus incongru que s’épanouit leur amour : l’endroit est désertique mais ils ne s’y ennuient pas une seconde. Ils se sentent libres, seuls au monde. Daria qualifie le lieu comme étant d’un calme absolu, Marc emploie quant à lui le terme de mort, ce qui laisse suggérer au spectateur leur vision différente du monde.


S’ensuit alors une scène fantasmatique, assez longue, qui se laissera interpréter de différentes manières (au gré de vos suppositions !), certains parlent d’une allusion à Adam et Ève, d’autres y voient la réalisation d’un imaginaire fantasmatique collectif.
C’est tout particulièrement dès leur passage à Zabriskie Point que le film devient profondément onirique, et même introspectif.

Les personnages sont en effet énigmatiques, imperméables à l’intrusion du spectateur : on ne sait exactement ce qu’ils pensent ou dans quelle direction ils vont aller, on peut tout au plus le deviner. Ils ne parlent pas beaucoup, n’expliquent pas leurs démarches. Le film recèle aussi de quelques temps morts, phases d’ennui pour certains, occasion du vagabondage de l’esprit pour d’autres. Ce film permet donc une libre interprétation, ce qui le rend assez intéressant, de fait.

Antonioni mise aussi sur une stratégie d’esthétique, pour certaines scènes en tout cas, ce qui donne une certaine rythmicité poétique au film.

Il s’insurge contre le rêve américain : la manifestation la plus évidente se trouve dans la scène finale de l’explosion (de frigos, journaux, vêtements, marques américaines). Antonioni agit par monstration suggestive tout en laissant une marge de liberté au spectateur qui demeure libre de l’interpréter à sa guise, à travers l’introspection voilée des personnages.

A noter : la musique des Pink Floyd pour la bande-originale !

Pour ma première découverte du célèbre Antonioni, je n’ai pas été déçue...

lundi 19 mai 2008

Bribes.

Si bien à plaindre est l'amoureux qui soupire après des baisers dont il ne connut jamais la saveur, mille fois plus infortuné celui qui la goûta, cette saveur, juste un instant, et puis en fut à tout jamais privé.
...

Chaque page ne vaut que lorsqu'on la tourne et que derrière, il y a la vie qui bouge, qui pousse et qui mêle inextricablement toutes les pages du livre.

Calvino, Mars-septembre 1959.

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Elle aurait voulu lui avouer et lui dire avec assurance: je te déteste. A la place, elle conservait cette rage au ventre et ne lui accordait son pardon qu'en apparence, prolongeant au plus profond d'elle ce dégoût qu'elle ne pouvait tout au plus que chuchoter.

P. Médina

mardi 29 avril 2008

Duplicité.

Des paysages identiques.

Un passé actualisé.

Une obsession futile.

Une estimation prévoyante.

De l'amertume d'abord.

Du mépris ensuite.

Une ironie consciencieuse.

Une victoire incertaine.

Une défaite sanglante.

Un univers référentiel propre.

Un élitisme corrompu.

Réflexion bornée.

Déception accoutumée.

Créativité présumée.

Incompréhensibilité partielle.

Déduction parcimonieuse.

Optimisme de survie.

Un dilemme inchangé.

..><>...

(je ne m'ennuie pas, je bossais presque...)

André Breton, (in Dictionnaire abrégé du surréalisme):

Durant des années, j’ai compté sur le débit torrentiel de l’écriture automatique pour le nettoyage définitif de l’écurie littéraire.
A cet égard, la volonté
d’ouvrir toutes grandes les écluses restera sans nul doute l’idée génératrice du surréalisme.

D'ailleurs, si j'avais eu le temps, j'aurais, bien certainement, expérimenté dans les mêmes dispositions que Soupault et Breton la méthode des Champs magnétiques. Comme c'est dommage.

lundi 14 avril 2008

La mélodie du bonheur...


Probablement la séquence musicale que je préfère dans le film de Robert Wise! :-D

One little girl in a pale pink coat heard, "Lei yodel-ei hee hoo..."
She yodeled back to the lonely goatherd, “Lei yodel-ei yodel-oo"!
Soon her mamma with a gleaming gloat heard,
“Lei yodel-ei yodel-ei hee hoo"!
What a duet for a girl and goatherd, "Lei yodel-ei yodel-oo..."

samedi 12 avril 2008

les extrêmes

J'ai toujours été contre la radicalité. Pourtant, elle est d'une efficacité redoutable.

J'ai toujours pensé qu'on ne faisait plus les mêmes erreurs. Pourtant, elles se répètent inlassablement. Ce qui change, c'est qu'on devine mieux ce qu'il adviendra ensuite...

J'ai toujours cru que je pouvais me relever, et je l'ai toujours fait. Pourtant, cela modifie inéluctablement mes perceptions.

Car ce qui me terrifie, c'est de me perdre en chemin,

dans ce combat du tout ou rien, ce rien que l'on accepte avec indignation nous enseigne que ce que la plupart d'entre nous nomment le bonheur n'est qu'une recherche qui ne peut aboutir éternellement: il faut pouvoir en saisir l'essence par fragments.

Pauline Médina

vendredi 7 mars 2008

palam palam pouh

Pour le bien-être et notre survie (carrément), il existe des mots (surtout les onomatopées) ou des photos (exemple à l'appui (contexte post-examens)(excuse bidonne ok)) qui suffisent à donner un élan d'entrain... (c'est chiant les parenthèses hein!) (m'en fous j'aime bien :D)

Le ptit Georges bis.

Il arrive un moment où on y croit plus, simplement.

ça arrive trop tard, ou ça n'arrive pas du tout.


Puis, on ne trouve pas d'autre issue. On hésite. On essaie.
Peut-être que l'erreur est double? Peut-être pas.
Avec tous ces doutes, plus de repères non plus.

Plus qu'une identité éparse qui endosse les rôles qui prémunissent. Celui de l'offensive, notamment. Celui de l'indifférence, aussi.

C'est une carapace comme une autre, une carapace malgré tout.

On veut contrôler. On ne contrôle pas grand chose.